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Articles sur le thème de la didactique

- Une didactique de la philosophie pour aimer penser (09/07/2007)

 

 

Il n’est pas aisé de donner à comprendre ce que permet une démarche philosophique. Une confusion est souvent faite entre le fait d’avoir des convictions et de pouvoir les défendre afin de valider un regard sur le monde et la capacité philosophique à pouvoir appréhender différents points de vue sans pour autant devoir nécessairement en choisir un. En effet, il semble que saisir l’esprit philosophique, c’est se laisser dérouter par le caractère arbitraire de nos convictions et de nos engagements face au monde.
Etudier l’histoire de la philosophie, c’est parcourir les différentes remises en question des systèmes de valeur. En outre, on se détourne de la philosophie lorsqu’ apparaît la complexité qui s’ensuit à un doute généralisé. Il est vrai que nombreux sont les philosophes qui après une première attitude de questionnement ont voulu poser les principes certains qui permettent de trouver des réponses satisfaisantes non fondées sur l’opinion ou l’arbitraire. Ainsi la philosophie se présente comme une multitude de thèses visant à dépasser des questionnements.
Pourquoi étudier la philosophie, dans quel but aborder les différents systèmes philosophiques ?
Il semble qu’il y ait une distinction à faire entre d’une part l’approche pédagogique qui consiste à donner à comprendre intellectuellement, la suite logique des arguments d’un auteur et à en retenir le schéma global ainsi que ces enseignements. D’autre part, une véritable didactique aura le souci de donner à penser les implications de telle ou telle pensée, pour notre condition d’être humain. Ainsi la philosophie comme tout domaine enseigné appelle à faire ressentir le besoin de l’étudier et non pas à la faire apprendre contre le gré de quelqu’un.
C’est dans cette optique que nous souhaitons ici réfléchir aux moyens de permettre à chacun de s’approprier une démarche philosophique. Il me semble que tout commence par l’envie de répondre à une question philosophique avec ses propres moyens sans avoir recours à des connaissances afin de ressaisir le vertige passionnant de la prise en compte et de la mise en rapport des différents points de vue.

 

 

Une culture coupée en deux? (14/03/2007)

Dans l'enseignement on distingue les matières littéraires et les matières scientifiques, cette distinction donne lieu à une attitude individualiste face à la connaissance, rares sont les professeurs, en France qui sont capables de passer d’un domaine à l’autre, ou de s’impliquer dans une matière qui n’est pas la leur. Être capable de transversalité assure une souplesse et une plasticité face à sa spécialité, c'est aussi avoir fait l'expérience d'une remise en question de ses connaissances et de ses facultés et ainsi savoir faire preuve d'humilité. Aussi comment enseigner des rudiments méthodologiques pour sa propre matière dans ces conditions? Comment des professeurs qui ne sont que spécialistes convaincus de leur domaine, peuvent-ils avoir le recul nécessaire et les outils pour faire appréhender leur discipline ?

La philosophie peut apporter une compréhension transversale et transdisciplinaire des méthodes, lorsqu'on s'intéresse à l'ensemble de son histoire, elle peut offrir un regard distancé et critique sur tous les domaines. A l'époque de Pythagore, le philosophe était aussi et avant tout un mathématicien ; appréhender le monde c'était observer conjointement les astres, les rapports entre les nombres et le bien vivre humain.

A l’heure actuelle, si on affiche une tolérance généralisée pour la différence, on ne sait plus réellement ce qu’il y a d’autre que ce que l’on fait. C’est le problème de la spécialisation. Nous avons affaire qu’à des points de vues particuliers, dépendants de choix d’orientation, ou de la culture locale. La pensée serait en danger face aux choix politiques nationaux, là où elle gouvernait aux meilleures heures de la philosophie. Il semble que nous sachions encore faire preuve d’érudition mais fréquemment elle est recherchée comme fin, elle n’est plus un moyen au sens où elle est dépourvue de l’appréhension de méthode et d’un regard critique au sens, de méthode constructive.

 Faut-il donner goût à la philosophie ?(14/03/2007)

Enseigner le mythe de la caverne pour commencer la philosophie semble approprié pour donner à comprendre ce qu’est l’attitude philosophique, mais cette étude requiert non pas de connaître le passage textuel et d’en savoir la signification dans la philosophie de Platon, mais de pouvoir l’employer pour se faire une idée de la démarche afin d'adopter un point de vue philosophique sur le monde. Bien des philosophes l’ont reconnus, le plaisir éprouvé à philosopher est en contradiction avec les intérêts de notre propre vie, personnelle, intime. L'étude de la philosophie ne doit pas être faite dans la recherche d'un quelconque honneur. Ainsi l’écueil de bien des philosophes est sans doute d’avoir voulu faire une découverte positive et d’apposer un sens systématique sur le cours des choses, se posant comme les ultimes penseurs.

Une réelle capacité philosophique implique de se placer sur un plan universel. Aussi le mythe de la caverne enseigne ceci ; que les êtres humains sont préoccupés par leurs honneurs, et par l’apparence sensible mais ne contemplent pas le cours des astres. Cet enseignement permet de considérer la place réelle dans le temps et dans l’espace de l'être vivant, cette détermination n’est alors plus une vérité relative mais le Vrai.

Faut-il donc étudier les philosophes uniquement pour comprendre la complexité de leur pensée et dénouer les problématiques conceptuelles obscures? Si elles sont si obscures que cela! N’avons-nous pas tendance à complexifier ces pensées, là où leurs mots se suffisent à eux-mêmes? N’est-il pas quelque chose de plus accessible à toute raison que les écrits philosophiques ?

N’y a-t-il pas un abandon d’une capacité de philosopher par soi-même et pour soi-même ? L’étude de la philosophie telle qu’elle se fait désormais n’est-t-elle pas, une grande sophistique, quel carcan retient la pensée, ne peut elle se libérer des schémas préconçus ?

Toutes ces questions veulent prévenir de l'erreur souvent faite d'aborder les philosophes avec la peur de ne pas comprendre. L'écueil est autant du aux professeurs qui expliquent ces philosophes avec une trop grande complexité, sans essayer de susciter l'émotion chez l'élève; que le fait des élèves ou étudiants qui ne lisent pas par eux-mêmes la philosophie qui doit être vécue intimement et ne doit pas rester une compréhension purement rationnelle. Ceci implique et suppose que la philosophie doit être un ébranlement, et non pas seulement un apprentissage. Que des spécialistes creusent de façon complexe les rapports entre les philosophes; tentent de s'assurer du sens de leurs pensées, est une chose, qui a son intérêt pour les spécialistes: mais sans en arriver là; la philosophie peut avoir une fonction de prise de distance sur le quotidien sans avoir besoin de connaître la pensée d'un auteur dans son ensemble.
Les étudiants de philosophie ont une réaction paradoxale lorsqu’ils découvrent l’enseignement à l’université, ils s’impliquent dans un domaine qu’ils ont choisis mais en critiquent très vite la complexité et les exigences. Cette réaction peut se comprendre, on ne va pas étudier la philosophie par hasard, souvent il y a eu une rencontre intime avec elle. Mis à part ceux qui ont été poussé par leur parents ou un autre souhait de paraître. Ainsi les premiers cours sont épanouissants, mais arrivent les partiels où on ne doit pas réfléchir, mais avoir une connaissance de ce qui a été étudié. On n’est donc plus là pour observer les mouvements de la pensée, mais pour consacrer ceux qui en ont fait quelque chose avant nous.
Pourquoi est-ce désormais si difficile de faire les deux, apprendre, et penser par soi-même ? Il semble qu’il y ait un choix à effectuer comme si de voir connaître un auteur empêchait de nourrir sa propre pensée.
Cela nécessite une lutte continuelle de continuer à prendre connaissance des penseurs et ne pas falsifier sa propre capacité de juger.

 

 

 

 

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